Attac78Nord

06 octobre 2005

Débat public" les médias en tenue de campagne"

« LES MEDIAS EN TENUE DE CAMPAGNE :

 décryptage à partir du référendum »

Attac 78-Nord invite à un débat public

 

 animé par Henri MALER

de l’ACRIMED (Action Critique des Médias)

Mardi 11 octobre 2005, à 20h30 à Conflans-Ste.-Honorine

Salle Fin d’Oise, 25 Avenue Galliéni

A côté de la gare RER (station Conflans fin d’Oise)

Nous vous informons que notre réunion du 11 Octobre 2005, qui aura pour thème « Les Médias en tenue de campagne : décryptage à partir du référendum », sera ouverte au public.

Au cours du débat sur le Traité Constitutionnel Européen (TCE) les médias ont joué un rôle important, jugé très partisan, et donc très contesté, dans la campagne référendaire. Celle-ci a bien mis en lumière leur rôle et leurs contradictions que nous proposons de décrypter avec des spécialistes de la question, dont Henri Maler*, initiateurs avec d’autres auteurs de l’Almanach critique des médias, en cour de parution aux Editions Arène ; seront abordées aussi les alternatives existantes, possibles et à développer … .

* un des créateurs et animateurs du site d’observatoire critique des 

 médias (ACRIMED)

 

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08 septembre 2005

Des nouvelles de la Coudraie

Edifiant, dans le contexte actuel, ce compte rendu de la dernière réunion du collectif de la Coudraie que Philippe nous a transmis.
Si vous avez autour de vous des personnes étonnées de voir des immeubles vétustes brûler ou qui prétendent que ces incendies sont la conséquence du laissé-aller des locataires, n'hésitez pas à leur montrer une copie de ce document.
Souhaitons bon courage au collectif , nous sommes de tout coeur avec eux!

                    CR du mardi 06/09/2005

Evénements de l’été

 Un feu qui semble d’origine criminelle s’est déclaré dans la colonne sèche d’un bâtiment durant la nuit du 9 juillet. Sur les 9 familles sinistrées, 7 personnes ont été hospitalisées. La police a refusé d’enregistrer certaines plaintes le lendemain. Les habitants qui ont porté plainte contre FH pour négligence ont reçu des appels de la mairie les pressant de retirer leur plainte.

 Par ailleurs, le 19 août, l’épicier a été expulsé. Il n’y a plus de dépôt de pain dans le quartier.

L’ANRU

 Réunion le 12/09 avec le comité d’évaluation et de suivi de l’ANRU. Plusieurs quartiers d’Ile de France seront invités à cette réunion de travail.
2 représentants du collectif de la Coudraie demanderont à prendre connaissance du dossier déposé par la Mairie à l’ANRU avant de participer aux prochaines réunions de travail.

Changement de sous-préfet

Un rendez-vous sera pris avec le nouveau sous-préfet pour lui porter connaissance de la situation du quartier.

Recours contre le permis de démolir

 Notre avocat a présenté les éléments qu’il conteste. L’autre partie doit maintenant amener ses arguments. Rappelons que la procédure est longue (entre 24 et 36 mois) et que les travaux sont suspendus jusqu’à la décision du tribunal.

Plainte d’Anne (dégradation de sa voiture)

 Elle est classée sans suite, faute d’identification des responsables. Répondre en joignant la lettre de menace reçue ?

Entretien des bâtiments

 Mohamed prépare un courrier pour FH afin de leur signaler tous les défauts d’entretien à leur charge (ascenseurs, portes de bâtiments démontées, antenne collective, nids de poule, …)

Coordination IDF anti-démolition

 Une manif a réuni samedi 3/09 au moins 10000 personnes. Les Franciliens et les Français prennent peu à peu conscience de l’absurdité à vouloir détruire des logements sociaux en pleine pénurie.

 

 

Pour le collectif,

Philippe

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02 septembre 2005

message du DAL

L'image “file:///D:/Documents/Maison/Actions/Attac/Communication/Jacquart.gif” ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.


    Expulsions : l'acharnement
Paris, vendredi 2 septembre 2005

Manifestons  massivement Samedi 3 septembre 2005
à 15h30 à Paris - M° Quai de la Gare
A l'appel d'une quarantaine d'organisations

Après les incendies meurtriers qui ont durement frappé la communauté
africaine et les mal-logés, sur fond de crise grave du logement,le
gouvernement agit. Il expulse médiatiquement les habitants de deux immeubles occupés par des familles sans logis,le jour de la rentrée scolaire, soit disant pour sécurité défaillante.
Or les familles de la rue de la fraternité, qui devaient être relogées dans les prochaines semaines, se sont organisées. Comme de nombreuses autres dans les taudis parisiens, pour prévenir de nouveaux incendies, elles se munissent d'extincteurs, font des veilles,des tours de garde, des exercices de simulation et d¹évacuation, et créent une sortie de secours..

Ce matin, Rue de la Fraternité, la police a tenté de faire rentrer de force dans leurs camions les familles expulsées pour les emmener à l'hôtel.
Les habitants du quartier ont été chargé par la police et finalement les familles ont été refoulées sur la place du Danube. Elles se sont depuis réfugiés dans le square de la Butte du chapeau Rouge.

Rue de la Tombe Issoire, les expulsés qui à la suite d'un arrêté de péril avaient refait à neuf le circuit électrique, ont accepté les hôtels de tourisme en banlieue, après avoir reçu de la police de fausses promesses de relogement.

La répression et la stigmatisation des personnes les plus exposées à la crise du logement c'est la grosse ficelle pour éviter de prendre des mesures de lutte contre la spéculation immobilière, la flambée des loyers, la marchandisation du logement social et en règle générale contre la crise du logement.

Hier, le premier Ministre a annoncé la réservation du terrain des Batignoles pour les classes moyennes et les étudiants. Pour les mal-logés, c'est le retour aux cités de transit dans des zones de relégation, gérés par la SONACOTRA, bien connue pour son incompétence à loger des familles avec enfants. La grande majorité des habitants de ces taudis ne sont d'ailleurs pas des squatters, mais des locataires aux mains des marchands de sommeil.

Conscients de l'intention du gouvernement à poursuivre les expulsions, à stigmatiser les squatters et les victimes des incendies, au lieu d¹organiser leur relogement, nous dénonçons ce recours à la violence médiatisée qui a pour objet de dresser les gens les uns contre les autres.

Nous appelons à faire barrage à cette stratégie perverse, à la solidarité avec les expulsés, les expulsables, les sinistrés, les habitants de taudis.
Nous exigeons une politique du logement pour tous et toutes sans exclusive.



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29 août 2005

Attac expose ses querelles d'appareil

Attac expose ses querelles d'appareil

         

LE MONDE | 29.08.05 | 13h23  •  Mis à jour le 29.08.05 | 13h23         

POITIERS de notre envoyé spécial
Crise de croissance ou amorce de rupture ? Une certaine agressivité était perceptible, dimanche 28 août, à la faculté de droit de Poitiers (Vienne) où l'association altermondialiste Attac tient son université d'été jusqu'au mardi 30 août.

Une "AG" inhabituelle avait été convoquée pour évoquer les échéances internes qui divisent l'association. En particulier la future assemblée générale du 11 décembre en Haute-Savoie, où, pour la première fois, le président sortant, Jacques Nikonoff, devra affronter au moins un candidat, l'économiste Jacques Cossart, secrétaire général du conseil scientifique d'Attac.

Bien que l'AG hors norme de dimanche eût été bien encadrée ­ militants et dirigeants disposaient à égalité de trois minutes pour exprimer leurs désaccords ­, quelques noms d'oiseaux ("pauvre type" ) ont quand même fusé. "Je ne veux plus de cel a", a lancé une jeune adhérente d'Attac Campus, minée par l'agressivité ambiante, et dont la voix s'est étranglée d'émotion.

Parfois difficile à déchiffrer, y compris pour les adhérents, le débat interne oppose l'actuelle direction emmenée par Jacques Nikonoff, demeuré silencieux, et par le président d'honneur, Bernard Cassen, qui se dit porte-parole des "adhérents de base" , à un groupe où émergent certains représentants des associations fondatrices d'Attac, notamment des syndicalistes.

UN POUVOIR "CONFISQUÉ"

On y retrouve Pierre Khalfa, secrétaire national de l'Union syndicale Solidaires, Gus Massiah, président du Centre de recherche et d'information pour le développement (CRID), Sophie Zafari, de la FSU, ou François Dufour, vice-président d'Attac et membre de la Confédération paysanne. Ce dernier a reproché aux dirigeants actuels d'avoir "verrouillé et confisqué le pouvoir" , et d'avoir aussi été jaloux du succès du rassemblement du Larzac en 2003.

Les "opposants" proposent d'étendre les compétences de la coordination nationale des comités locaux d'Attac (CNCL) pour équilibrer le collège des membres fondateurs, majoritaire au conseil d'administration d'Attac. Au micro, certains ont demandé que la direction soit désormais "collégiale" .

Puis la discussion a pris un tour personnel, M. Khalfa accusant M. Nikonoff ­ passé par le Parti communiste ­ d'introduire dans Attac des pratiques de parti politique. "Quand on voit se mettre en br anle des associations aussi puissantes -que des syndicats-, on ne va pas me dire que c'est uniquement pour une question de "style de présidence "", a répliqué M. Cassen, accusant ses adversaires d'avancer "masqués" pour tenter de prendre le contrôle de l'association.

Une autre ligne de fracture recouvre, en partie, ces querelles dans une association où les enseignants sont nombreux. Derrière Bernard Cassen ou Bernard Teper, président de l'Union des familles laïques (UFAL) et ancien porte-parole du Grand Orient de France (GODF), se regroupent les tenants d'une laïcité républicaine "classique" .

Le "camp" d'en face serait plus volontiers "multiculturaliste" , partisan d'un dialogue avec les associations musulmanes et plutôt critiques de la loi sur les signes religieux ostensibles. Au sein d'Attac, l'accueil fait au théologien musulman Tariq Ramadan au Forum social européen de novembre 2003 reste une sérieuse pomme de discorde.

Nicolas Weill

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24 juillet 2005

La famine, un tsunami annoncé

Niger

   

La famine, un tsunami annoncé

Le pays s’enfonce depuis des mois dans la famine, l’aide alimentaire n’arrive toujours pas. Premières victimes : les nomades et les enfants.

On se croirait revenu vingt ans en arrière. A l’époque de la grande sécheresse. En marge du désert, la grande vallée de la Tarka qui couvre trois régions au sud du Niger (Tahoua, Maradi et Zinder), n’est plus qu’une enclave aride, brûlée par un déluge de feu. Des cadavres d’animaux jonchent le sol. La sécheresse, puis les criquets qui ont durement éprouvé le Niger l’année dernière n’ont pas épargné cette zone de parcours et de convergence des troupeaux. Ici, comme d’un bout à l’autre du Niger, l’herbe manque, l’eau est rare et la nourriture pour les hommes et le bétail fait cruellement défaut. Le désespoir pour des milliers et des milliers d’éleveurs dont le sort dépend de ces animaux maigres qui n’ont plus aucune cote sur les marchés. Alors que les prix des céréales, eux, s’envolent.
"Pas moins de quatre boucs sont aujourd’hui nécessaires pour acquérir un sac de mil de cent kilos…", confie un chef de famille incapable de trouver deux mesures de mil dans tout le village de Chadakori, au nord de Maradi. L’an dernier, à la même époque, le bouc s’échangeait contre un sac de mil.
Un déficit fourrager record depuis la grande sécheresse de 1984 menace les éleveurs et leurs animaux. "Si même les ânes se mettent à mourir, c’est le signe annonciateur d’une terrible tragédie… Avec son boubou et son turban noir, ses manières de seigneur et ses airs prophétiques, Ardo Ousseïni, chef de tribu Kougou, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Dakoro, marque une pause. … parce que l’âne mange tout, y compris ses propres excréments." "Or, il n’y a plus rien ici. Les sédentaires ont tout ratissé, jusqu’au plus petit brin de paille. C’est en vendant cette herbe que beaucoup d’entre eux parviennent à nourrir encore leurs familles…", soupire-t-il. Les éleveurs qui nomadisent dans la zone, en sont réduits à tourner en rond, avec leurs maigres troupeaux, étourdis par la faim.

Des villages désertés
Le manque de nourriture exacerbe l’exode, dépeuple les villages et frappe les familles. Dans les villages vidés de leurs bras valides, les vieillards et les enfants sont les premières victimes. On ne voit plus à présent de gamins curieux courir derrière les véhicules des étrangers. Les enfants en bas âge présentent des visages de vieillards et des ventres bombés, signes trop connus de malnutrition sévère. "Il ne se passe pratiquement pas de jour sans que l’on enregistre au moins un à deux décès dans presque tous les villages…", rapportent les passagers d’un taxi-brousse archi-bondé en partance pour le marché hebdomadaire de Sabon Machi, dans le canton de Kornaka, au nord de Maradi.
Le long des routes, des files de gens fuient la brousse pour des cieux plus cléments. Dans les villes du Damergou et le Zarmaganda, deux régions abonnées aux déficits, respectivement au nord de Zinder et de Niamey, ce sont d’interminables processions d’enfants aux gestes lents qui quémandent silencieusement leur droit à la vie. Ils ne jouent même plus. Autour des carrefours et des marchés, des grappes de femmes s’agglutinent dans un état d’épuisement et d’abandon total. A Maradi, les plus chanceuses échouent au Centre de récupération nutritionnelle intense (Creni), après un parcours de plusieurs jours à travers la brousse, sans manger ni boire.
Face au très grand nombre d’enfants malnutris, Médecins sans frontières (MSF) a ouvert, en urgence, quatre antennes dans les départements de Dakoro et de Keïta, deux des régions les plus durement touchées sur les 23 départements déficitaires du pays. En janvier dernier, une enquête conduite par l’Unicef et Helen Keller International dans les régions de Maradi et de Tahoua, estimait déjà à plus de 350 000 le nombre d’enfants nigériens qui n’auraient droit à aucune prise en charge alimentaire et médicale.
"Dès le mois d’octobre pourtant, précise d’une voix émue Gian Carlo Cirri, représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) au Niger, nous avons sonné l’alarme. Car, il y avait des signes qui ne trompaient pas comme la hausse continue des prix des céréales à la récolte ou la baisse du prix des petits ruminants..." A la mi-novembre, l’État nigérien avait lancé un appel à l’aide internationale.

4 millions de Nigériens menacés
Huit mois plus tard, avec le début de la période de soudure, on entre, selon le PAM, "dans la phase la plus critique". De passage à Genève, Jan Egeland, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’Onu et coordonnateur des secours d’urgence a qualifié la crise nigérienne d"urgence humanitaire la plus oubliée et la plus négligée" (voir son interview dans cet envoi). Selon lui, près du tiers des 12 millions de Nigériens sont menacés par la famine, dont 2,5 millions ont un besoin urgent d’assistance. Pourtant, les bailleurs de fonds tardent à réagir.
Le gouvernement nigérien mise sur la "vente à prix modéré" (moitié prix) de 67 000 tonnes de céréales, un peu plus du quart du déficit total , aux populations les plus vulnérables d’ici août 2005. Bakari Seïdou, coordonnateur de la Cellule crises alimentaires (CCA), s’inquiète de la baisse du stock national de sécurité car on ignore ce que réserve la prochaine campagne. Avec l’arrivée des premières pluies, l’herbe commence à pousser. Mais, il y a loin des champs aux greniers. L’aide de la communauté internationale est plus que jamais urgente. Mais, estime un diplomate en poste à Niamey, on dirait qu’il y a "une sorte de lassitude ou de résignation de la communauté internationale par rapport aux problèmes du Niger", parfois accusé d’avoir la fâcheuse tendance d’exagérer ses besoins céréaliers. Mais pour Jan Egeland, "150 000 enfants nigériens présentent déjà des signes de malnutrition sévère et mourront s’ils ne reçoivent pas d’aide". Un bilan digne d’un tsunami, annoncé, celui-là, de longue date.

Par Ibbo Daddy Abdoulaye (Syfia) 
Le 02-06-2005

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21 juillet 2005

Contre-OPA de Dassault sur Danone

Contre-OPA de Dassault sur Danone

The Little Butter™ shall remain ours !

Didier Kala

jeudi 21 juillet 2005

Face à l’offensive conjointe de la malbouffe et de la mondialisation contre l’une des plus belles sociétés françaises, le pays n’a d’autre choix que de serrer les coudes dans un grand élan patriotique. L’industrie militaire nationale, retranchée derrière le mur de l’Atlantique et bien approvisionnée en Yop™ banane, a décidé de prendre les devants.

La rumeur a entre autres pouvoirs extraordinaires celui d’enflammer les marchés pour des histoires d’eau. C’est ainsi que le cours de l’action Danone a gagné plus de 15% en deux jours. Le premier emballeur d’eau mondial serait en effet la cible d’une offre d’achat super méchante de PepsiCo, deuxième producteur mondial de Coca-Cola™.
Or Danone est le joyau de l’industrie agro-alimentaire française dans le monde, juste devant Leader Price - ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Zinedine Zidane a choisi de prêter son visage aux deux groupes. Même si le Gosplan ne régit plus l’activité économique de notre Brave Patrie depuis 2002, il est fort naturel que les plus hauts représentants de l’Etat se soucient d’un éventuel passage de la firme à l’ennemi diététique, et s’emploient à défendre notre Exception Culturelle™.

Mais comment en sommes-nous arrivés là ?
Paradoxalement, c’est du fait de notre excellence que nous sommes aujourd’hui devenus une cible : toutes ces jeunes étudiantes américaines qui, rentrant chez elles, n’ont que les mots "Hello de Lou™"* à la bouche ne peuvent qu’attirer l’attention d’une nation de poètes du marketing.
Ajoutez à cela les terribles images de paysans portugais combattant une sécheresse sans précédent en arrosant leurs champs de morues à la bouteille de Volvic Magique™ à l’ail de 33 centilitres : les Américains ne reculeront devant aucun expédient pour asseoir leur domination sur les dernières réserves d’or incolore et inodore rétablir la démocratie dans le marché de l’eau minérale.

Pour Antoine Giscard d’Estaing, directeur financier du groupe Danone, la manœuvre est d’ailleurs à la limite de la légalité : "ils jouent, comme souvent, sur un aspect méconnu des mécanismes boursiers. En effet, il semblerait qu’on puisse, sur un marché d’actions, acheter les titres d’une entreprise cotée. Même moi, je ne le savais pas, et pourtant on a le nez creux, dans la famille. Résultat : quand une petite entreprise familiale intègre doit vendre jusqu’à 85% de ses actions pour récolter un max de pognon faire grandir, mieux vivre et s’épanouir les hommes en leur apportant chaque jour une alimentation meilleure, des goûts plus variés et des plaisirs plus sains, certains malveillants achètent ces actions. C’est pas de jeu."

Face à cette offensive financière qu’est pas de jeu, la France ne pouvait que mobiliser ses forces vives. C’est ainsi que Dassault Aviation a spontanément proposé de prendre le rôle de chevalier blanc.
Serge Dassault, le célèbre polémiste aux idées saines, s’en explique : "Il y a une synergie évidente entre nos activités et celles du groupe Danone : 88% des victimes de bombardements ne peuvent plus manger que du yaourt avec une paille. Nous travaillons par ailleurs à un modèle de bombardier d’eau qui conserverait intact l’arôme de la Volvic Magique™, et le gouvernement portugais nous a déjà placé une pré-commande d’une dizaine d’appareils."
Le gouvernement y voit lui aussi un avantage : "Dassault est, psychologiquement, le repreneur idéal. Les Américains connaissent l’engagement du groupe contre la vermine communiste. Ainsi, une reprise de Danone par Dassault serait compatible avec leur stratégie de containment de la menace chinoise, et acceptable pour eux", déclare  François Loos, ministre délégué à l’Industrie. "Et au pire, on pourra toujours envoyer le Charles-de-Gaulle en face de la Grande Motte et dégommer les buvettes Pepsi™ au Mirage IV™ si les Yanquis renâclent."

A l’heure où le gouvernement engrange les premières victoires significatives dans la longue bataille contre le chômage, on voit donc que tout sera fait pour qu’aucun employé de Danone, jamais, ne soit licencié au nom des marchés financiers.
Non, messieurs les gros, vous n’aurez pas les Prince™ et l’Actimel™ !

Post-scriptum : * LU, pauvre conne ! LU ! LU ! LU !

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13 juillet 2005

M. Poncelet, actionnaire masqué d'une banque en Floride

Le Monde.fr




   

M. Poncelet, actionnaire masqué d'une banque en Floride

   

LE MONDE | 13.07.05 | 14h19  .  Mis à jour le 13.07.05 | 14h19

e document parle de lui-même. Sous l'en-tête d'une société financière à la dénomination anglo-saxonne, Lake Investment Company, le courrier, daté de Genève, fut adressé au sénateur Christian Poncelet, le 4 mars 1991, par un gestionnaire de fortune établi en Suisse. Son objet : lui présenter les résultats d'une petite banque américaine, la South Florida Bank.

"Votre banque a profité d'une bonne année 1990", écrit sans ambiguïté l'homme d'affaires, Serge Vinet, à celui qui apparaît comme son client et qui est, aujourd'hui, le président du Sénat. Décrivant à M. Poncelet la "stratégie" des dirigeants de la banque dans laquelle il semble avoir investi pour son compte ­ et dont les tableaux financiers sont joints ­, le signataire le remercie "pour le suppo! rt et la confiance"  témoignés et conclut : "Nous pensons que votre banque va continuer à prospérer au fil de l'année."

A en croire ce document ­ et plusieurs autres, dont  Le Monde détient des copies ­, la South Florida Bank, créée en 1989 à Fort Myers (Floride), aurait ainsi compté, en toute discrétion, M. Poncelet parmi ses fondateurs. Le 18 octobre 1990, M. Vinet informait déjà le sénateur, alors président de la commission des finances du Palais du Luxembourg, des "performances"  de l'établissement, que ses dirigeants américains qualifiaient de "banque 5 étoiles" dans une lettre annexée ­ et rédigée, elle, sous l'en-tête d'une société Abel (Associated Business Export Limited), sise dans les îles Caïmans, paradis fiscal notoire.

Confronté à ces écrits, M. Poncelet a formellement contesté "détenir ou avoir détenu un seul centime à l'étranger".  "Je n'ai jamais confié la moindre somme à M. Vinet", affirme-t-il, avançant l! 'explication selon laquelle ces lettres auraient constitué ! "des sollicitations, pour ne pas dire des démarchages, comme les banques ont l'habitude d'en adresser à leurs clients habituels" .

Au démenti de M. Poncelet s'ajoute, certes, celui de M. Vinet, mais les justifications de l'homme d'affaires franco-genevois, interrogé par téléphone à la mi-juin, s'emboîtent mal avec celles du président du Sénat. "M. Poncelet est un ami, nous a-t-il déclaré, Il me demandait parfois des informations sur certaines opérations que j'effectuais à l'étranger, et notamment aux Etats-Unis, pour pouvoir mesurer les difficultés des entreprises françaises à investir sur le marché américain. Je lui répondais bien volontiers..."

UN TAMPON "CONFIDENTIEL"

 

Récemment retiré des affaires, élu en 2001 à l'Assemblée des Français de l'étranger, M. Vinet revendique une  "proximité"  avec l'UMP, le parti de M. Poncelet. Celui-ci lui a "fait l'honneur" de lui remettre les insignes de l'Ordre na! tional du mérite en 2004. Mais, s'il certifie lui aussi n'avoir pas eu à placer ni à gérer l'argent du sénateur, il s'en attribue seul le mérite, invoquant une "règle d'or"  qui exclurait de traiter "quelque affaire que ce soit avec des politiques parce qu'avec eux, il y a toujours des choses qui peuvent vous claquer entre les doigts".

Jusqu'à quand dura le mystérieux placement américain, quels montants a-t-il représenté ? Extérieure à toute procédure judiciaire, l'enquête du Monde ­ qui ne s'est fondée sur aucune source issue du monde politique ni impliquée dans la campagne qui s'ouvre pour le renouvellement de la présidence du Sénat ­ ne permet pas de le dire. Tout au plus M. Vinet assure-t-il avoir "mis huit ans pour récupérer les fonds"  investis en Floride.

La preuve existe cependant que, au mois d'octobre 1997, il perçut encore 170 000 dollars après la vente d'actions de la South Florida Bank et qu'il adres! sa aussitôt le certificat correspondant à l'intention de "M! . le président de la commission des finances du Sénat, Christian Poncelet". L'enveloppe, postée à Monaco, portait un simple tampon "Confidentiel".

"Tout ce que je possède a toujours été parfaitement déclaré", nous a indiqué le président du Sénat. Agé de 77 ans, M. Poncelet ­ qui fut cinq fois ministre, et notamment secrétaire d'Etat au budget (1976-1977) ­ met en avant " [sa] carrière et -son- honneur" et souligne qu'il a été l'objet d'un contrôle fiscal  "il y a deux ans". Son patrimoine immobilier, qui inclut une maison à Remiremont (Vosges), deux petits appartements à Paris et une villa à Sainte-Maxime (Var), est estimé par l'administration des domaines à 1,5 million d'euros.

A la lecture d'autres documents que Le Monde lui a présentés, M. Poncelet a convenu que d'importants travaux d'agrandissement et d'embellissement de sa résidence varoise avaient été acquittés en argent liquide. Entre 1988 et 1991, le s! énateur semble avoir effectué une quinzaine de dépôts d'espèces sur le compte d'un promoteur toulonnais, René Chedouteau, notable varois et membre du RPR, décédé en 2002, à qui il avait confié la maîtrise du chantier de sa propriété. M. Chedouteau payait ainsi lui-même les entreprises locales sollicitées, de l'architecte à l'électricien, grâce aux versements réguliers de son client.

Adressés à M. Poncelet, les "relevés de débours"  établis par le promoteur étaient invariablement assortis d'une demande de règlement "dans les conditions habituelles" sur un compte au CCF dont les références suivaient. La somme en espèces arrivait peu après, ainsi que l'attestent les bordereaux émis par la banque.

Qualifiées par M. Poncelet de  "tout à fait régulières", ces opérations auraient été, selon lui, financées grâce à l'indemnité versée aux sénateurs pour subvenir à leurs "frais de mandat"  (secrétariat, permanence, frais de représentatio! n, etc.) et sur laquelle il dit avoir fait "des économies". Au total, les "petits plus" réalisés au fil des ans dans cette villa auraient été payés en espèces à hauteur de plus de 2 millions de francs ­ auxquels se sont ajoutés "des chèques", assure M. Poncelet.

Avoisinant à cette époque 30 000 francs mensuels, l'enveloppe sénatoriale pouvait être retirée en espèces par les élus et échappait à l'impôt. Cette possibilité n'existe plus depuis 2001. "C'est moi qui ai fait arrêter ça,  indique le président du Sénat. Il fallait imposer davantage de transparence."


Hervé Gattegno

Article paru dans l'édition du 14.07.05

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12 juillet 2005

Le web et le débat sur la constitution européenne en France

 


Le web et le débat sur la constitution européenne en France

 

Les analyses concernant le résultat du référendum sur la constitution européennes continuent d’affluer et nombre d’entre elles soulignent, sans pouvoir en mesurer précisément l’importance, le rôle tenu par le Web dans l’issue du scrutin. L’étude dont nous présentons ici quelques faits marquants est née d’une envie de vérifier cette idée que nous avions que le débat pour le non avait essentiellement lieu sur le Web.

Nous avons pour cela lancé une exploration à grande échelle de la « partie » du Web traitant du référendum. Cela consiste à envoyer sur la toile plusieurs dizaines de robots qui rapatrient dans une base de données les contenus des sites (textes, images, fichiers) ainsi que les liens hypertexte entre les sites. Une loi scientifiquement validée sur de grandes échelles énonce que les sites qui traitent des mêmes sujets sont proches en terme de liens (en nombre de clics). Nous avons donc aspiré plus de 12 000 sites et 2 500 000 pages en prenant comme points de départ une dizaine de sites traitant du référendum. Cette aspiration s’est déroulée entre le 30 Mai et le 1er Juin 2005. Notre objectif était d’avoir une vision surplombante du débat politique sur le Web et de comprendre comment celui-ci s’organisait en terme de relations entre les sites.

Parmi nos 12 000 sites, plus de 6000 étaient en langue anglaise et ne furent pas analysés. Les 5000 sites restant ont dans un premier lieu été traités informatiquement. Ne furent sélectionnés que ceux qui comportaient des mots ou expressions en rapport avec le débat, soit un millier de sites. Sur ces 1000 sites restant, seulement 295 traitaient réellement du débat, nous les avons classés en sites du oui, sites du non, sites ne prenant pas position, sites des institutions (sénat, commission européenne…) et sites des grands médias (Libération, Le nouvel observateur…).

Le premier constat vient du net déséquilibre entre sites du oui (79) et sites du non (161) soit 67% contre 33%. L’émission Arrêt sur image du 10 Avril 2005 après comptage effectué sur les trois principales chaînes hertziennes révélait que plus de 70% du temps de parole consacré au débat l’était par des hommes politiques favorables à la constitution européenne. Le Web a servi de tribune publique à nombre de ceux qui se sentaient écartés des plateaux de télévision ou des grands médias transformant ainsi en quelque sorte le Web en un « négatif » de la télévision.

oui non

La représentation sous forme de graphe de nos sites et des liens hypertextes les reliant a permis d’étudier l’organisation « hypertextuelle » des deux camps. Nous avons ainsi révélé que les deux camps étaient remarquablement structurés sous la forme de communautés compétitives. Le terme de communauté en analyse des réseaux sociaux s’applique à un ensemble d’objets possédant plus de liens entre eux qu’avec l’extérieur. C’est la communauté du non qui est la plus dense mais aussi d’une certaine façon la plus fermée ; en effet 79% de ses liens sont intra-communautaires contre 64% pour le oui. Autrement dit cela signifie qu’un site du non ne propose en moyenne qu’un lien sur cinq vers un site qui ne soit pas du non. Le site du oui, lui, en propose deux.

S’il est vrai que l’on mesure souvent sur le Web l’importance d’un site au nombre de visites qu’il reçoit, on peut aussi -et c’est en partie ce sur quoi repose la technique de classement du moteur de recherche google- mesurer cette importance au nombre de fois qu’un site est cité par d’autres sites, aux nombres de « chemins » qui peuvent mener l’internaute sur ce site. On parle alors du statut d’autorité d’un site. Nous avons cherché à savoir quels étaient les sites qui « faisaient autorité » sur notre domaine. Nous n’avons pas été étonné de trouver au premier rang de nos autorités des sites d’information et premier parmi tous le site du journal Libération. Cependant Libération n’était pas suivi d’autres sites de journaux ou de chaînes de télévision mais par deux médias d’information « alternatifs » que sont www.rezo.net et surtout www.acrimed.fr, l’observatoire (très) critique des grands médias. Autre point intéressant, parmi les 10 premières autorités du oui et du non confondues, 8 appartiennent au camp du non, on retrouve le site de la fondation Copernic de Yves Salesses, celui du nouvellement célèbre Etienne Chouard. Les deux autorités du oui présentes dans ce « top ten » sont le site des amis du oui (www.lesamisduoui.com) et le site du oui socialiste (www.ouisocialiste.net).

oui politique Le débat sur la constitution a eu entre autre pour effet de bouleverser l’échiquier politique et les habituels clivages de parti. Après la victoire du non, une des questions récurrentes était de savoir de quel type était le non exprimé : un non de gauche, un non d’extrême gauche, un non de révolte, un non xénophobe. Effectuer une cartographie des sites de partis politiques ayant pris parti pour le oui ou pour le non donne des éléments de réponse à cette question complexe. La carte politique du oui comporte seulement 39 sites et parmi ces 39 seuls 10 représentent l’engagement de l’UMP pour le oui. Cependant on remarque un effort fait par deux sites du oui pour structurer et rassembler le oui et ainsi donner une certaine consistance au domaine sur le Web. Il s’agit du site www.lesamisduoui.com appelant au rassemblement des partis politiques oeuvrant pour le oui et du site www.ensemblepourleoui.com faisant la même chose mais pour les associations. Ces sites se sont positionnés comme fédérateurs de cette petite galaxie en prenant le rôle de passerelles entre les sites.

non politique Du côté du non, on retrouve 74 sites de partis politiques et ces sites se situent à gauche pour 30%, à l’extrême gauche pour 39% et appellent à un vote unitaire de toute la gauche pour 13% d’entre eux. Le non sur le Web est donc sans conteste un non de gauche et ceci à plus de 82%. On retrouve seulement deux sites de l’extrême droite (FN et MNR), sites qui ne sont d’ailleurs pas reliés aux autres sites. Enfin les 14 restants se partagent entre sites souverainistes de gauche (Jean Pierre Chevènement), souverainistes de droite (MPF et CPNT) et des sites de partis militant pour un renouveau social du Gaullisme.

Une fois ces grandes tendances dessinées, il est possible d’analyser les données recueillies dans une approche qualitative, nous pourrions par exemple étudier la position centrale dans nos cartes du site d’Etienne Chouard, site qui était quasiment inconnu avant qu’il n’y propose son texte de décryptage de la constitution et qui a eu au plus fort du débat plus de 30 000 visites par jour. De même, la représentation de nos données sous forme de cartes a permis de révéler le rôle de passerelle entre le monde de l’extrême gauche et celui de la gauche du site www.democratie-socialisme.org, site de Gérard Filoche, ce constat appelle des interprétations qui dépassent le cadre de notre travail. Enfin, nous avons noté la situation des institutions (sénat, commission européenne…) comme beaucoup plus proche du camp du oui en termes de liens que de celui du non.

Au sein du groupe RTGI (Réseau Territoires et Géographie de l’Information) de l’Université de Technologie de Compiègne, nous travaillons à la reconnaissance du statut expérimental du Web comme terrain de sondage. Devant la complexité des protocoles de collecte des données, nous savons nos résultats dépendants de notre méthode et des outils mobilisés mais la voie est maintenant ouverte et ceci depuis une étude similaire réalisée aux Etats Unis par des chercheurs du laboratoire HP et parue il y a 3 mois au sujet de la dernière campagne présidentielle. Cette étude portait sur la blogosphère et avait révélé une plus grande densité de liens entre les blogs républicains qu’entre les blogs démocrates, elle avait aussi montré la très nette préférence des blogs républicains pour les informations véhiculées par la chaîne Fox News.

Ce type de travail de photographie permet d’archiver et de stabiliser un milieu extrêmement plastique et mouvant tel que l’est le Web. Ces photographies, nous l’appelons de nos vœux, peuvent devenir à terme un outil d’interprétation et d’analyse pour des chercheurs en sciences humaines, dans ce cas précis politologues ou sociologues.





                                                                                                               
Liens   orientésouinonindépendantsinstitutionsmediasTotal (out)
oui15941131025248
non33432232037545
independants81101929
institutions1072132355
medias75451132
Total (in)2174964249105909
Liens orientés entre les catégories de sites.
Exemple : Il existe 13 liens du "oui" vers les indépendants et 8 liens les indépendants vers le "oui".

oui non

Contact : Franck Ghitalla
Centre Pierre Guillaumat
UTC BP60319
60200 Compiègne

UTC & RTGI © 2005

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04 juillet 2005

La pauvreté en France (3 juillet 2005)

Source l'Observatoire des inégalités                   

Taux de pauvreté, en %
seuil à 50% seuil à 60%
1970 12,0 17,9
1975 10,2 16,6
1979 8,3 14,2
1984 7,7 13,5
1990 6,6 13,8
1996 7,2 13,5
1997 6,9 13,4
1998 6,7 12,8
1999 6,4 12,3
2000 6,5 12,7
2001 6,1 12,4
Source : Insee, enquête revenus fiscaux
Nombre de personnes pauvres, en milliers
seuil à 50% seuil à 60%
1970 5 785 8 649
1975 5 194 8 491
1979 4 359 7 454
1984 4 154 7 235
1990 3 751 7 848
1996 4 089 7 628
1997 3 925 7 611
1998 3 806 7 275
1999 3 641 7 065
2000 3 742 7 328
2001 3 557 7 167
Source : Insee, enquête revenus fiscaux
Nombre de ménages pauvres, en milliers
seuil à 50% seuil à 60%
1970 2 491 3 435
1975 2 170 3 391
1979 1 660 2 787
1984 1 501 2 587
1990 1 486 2 960
1996 1 508 2 926
1997 1 483 2 957
1998 1 548 2 913
1999 1 510 2 899
2000 1 582 3 001
2001 1 514 2 934
Source : Insee, enquête revenus fiscaux

Selon la définition de la pauvreté que l’on utilise, la France comptait en 2001 entre 3,6 millions et 7,1 millions de personnes pauvres. Entre 1,5 millions et 2,9 millions de ménages étaient dans cette situation. La part de personnes pauvres serait comprise entre 6 et 12 %.

Même si on utilise la définition la plus restrictive, une frange considérable de la population manque de ressources. Il ne s’agit pas (dans la plupart des cas) du dénuement total, que notre pays a pu connaître par le passé ou que l’on rencontre dans les pays les plus pauvres : on meurt rarement de faim en France au XXIe siècle. Il n’empêche que des millions d’enfants, d’hommes et de femmes ne vivent qu’à la marge de notre société. Ils n’aspirent pas seulement à manger, mais à avoir un logement décent, à étudier ou travailler, à se soigner... comme les autres dans un pays dont le niveau de richesse devrait le leur permettre.

Officiellement, la pauvreté a baissé des années 70 au milieu des années 90, et elle est ensuite restée relativement stable. En 2005, les dernières données disponibles sur le sujet sont vieilles de 4 ans ! Or on sait que depuis le nombre de Rmiste a nettement augmenté avec la remontée du chômage, il y a de bonnes chances que la pauvreté aussi. En outre, la mesure de l’Insee ne comprend pas les revenus du patrimoine, ce qui minimise le seuil de pauvreté, calculé en fonction du rapport au revenu médian.

Voir aussi en ligne sur notre site Les seuils de pauvreté en France

Familles monoparentales et pauvreté

La pauvreté des enfants a augmenté dans les pays riches

1989-2994, la montée de la pauvreté

Qui fait appel au Secours catholique

Sur le site de l’Insee Niveau de vie, revenu disponible et pauvreté en France

La définition de la pauvreté de l’Insee : "Un individu ou (un ménage) est considéré comme pauvre lorsqu’il vit dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. L’Insee, comme Eurostat et les autres pays européens, mesure la pauvreté monétaire de manière relative alors que d’autres pays (comme les Etats-Unis ou le Canada) ont une approche absolue. Dans l’approche en termes relatifs, le seuil est déterminé par rapport à la distribution des niveaux de vie de l’ensemble de la population. L’Insee le fixe habituellement à 50% du niveau de vie médian tandis qu’Eurostat privilégie le seuil de 60 %du niveau de vie médian." Le niveau de vie médian est celui pour lequel la moitié des personnes ou des ménages gagne moins."

Commentaire : Définir la pauvreté est toujours une question de normes, une construction statistique. L’écart entre les seuils de 50 et 60 % le montre bien : le taux de pauvreté va du simple au double selon que l’on utilise la première ou la seconde définition.

La définition d’un ménage de l’Insee "Un ménage, au sens statistique, est défini comme l’ensemble des occupants d’une résidence principale, qu’ils aient ou non des liens de parenté. Un ménage peut ne comprendre qu’une seule personne."

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02 juillet 2005

Une annulation de dettes en attendant mieux


L’annulation de la dette ne suffira pas à régler les difficultés des pays les plus pauvres. Il faut redéfinir les politiques d’aide publique au développement.

Tony Blair et son ministre des Finances Gordon Brown ont obtenu à Londres, à la mi-juin, l’accord des autres grands pays industrialisés du G7 et de la Russie pour annuler 40 milliards de dollars de la dette extérieure des pays pauvres très endettés. « C’est un pas en avant dans la longue bataille pour libérer les pays de la crise de la dette », a immédiatement commenté le représentant de Eurodad, un réseau d’organisations non gouvernementales (ONG) mobilisées sur la dette. Mais le problème de l’endettement des pays pauvres est encore loin d’être réglé. Et l’avenir des flux d’aide publique internationale reste incertain en dépit de la multiplication actuelle des promesses et des projets.

Un joli cadeau peu coûteux
Première victoire : dix-huit pays (1) vont bénéficier d’une annulation totale du stock de leur dette auprès du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. La facture va s’élever à environ 1,5 milliard de dollars par an pour l’ensemble des pays riches. Certes, on est loin de l’annulation de la dette de tous les pays pauvres très endettés (180 milliards de dollars), mais les 40 milliards annoncés représentent environ la moitié de la dette extérieure totale des pays concernés et la quasi-totalité de leur dette multilatérale. Une dizaine d’autres pays pourraient à terme profiter de la mesure, portant les annulations à 55 milliards de dollars au total.
Deuxième victoire : pour les pays pauvres dont la situation se dégrade du fait de la conjoncture internationale (hausse brutale des prix du pétrole, forte baisse du prix des matières premières exportées…), le G8 propose la constitution d’un nouveau fonds destiné à les soutenir par une aide supplémentaire.
Troisième victoire : ces annulations devraient être financées par des budgets d’aide additionnels, sans puiser dans les ressources actuelles des institutions sauf pour le FMI (2). Les Etats-Unis, réticents à s’engager pour de nouveaux montants d’aide, en ont accepté le principe. Il est vrai que cela ne devrait représenter que quelques centaines de millions de dollars d’aide supplémentaire par an, une broutille. Ce qui explique en partie le résultat final : le cadeau est joli et il ne coûte pas très cher.
Les pays riches restent bien dans la logique des petits pas qu’ils ont toujours entretenue : remboursement de la dette repoussé dans le temps (rééchelonnement), puis annulation d’un tiers de la dette bilatérale (3) en 1998, de la moitié en 1991, des deux tiers en 1994, puis annulation de 80 % de la dette multilatérale (4) en 1996, de 90 % en 1999 et cette fois 100 % d’une grande partie du stock de la dette multilatérale. Chaque pays du G7 peut ainsi se prévaloir à tour de rôle d’accomplir un pas de plus dans l’aide financière aux pays du Sud. A ce rythme, « on est encore loin du compte », affirme Jean Merkaert, du CCFD, animateur de la campagne « 2005 plus d’excuses ». « On aimerait bien des règles du jeu claires et non des annulations décidées en fonction des jeux politiques du moment entre pays riches », ajoute-t-il.
De fait, toute la dette internationale des pays pauvres n’est pas annulée, tous les pays pauvres endettés ne vont pas en bénéficier et les engagements de financements de ces annulations ne sont fermes que pour les premières années. Après, tout dépendra de la bonne volonté politique et budgétaire des pays riches en faveur de l’aide. Le fait que les promesses de 1996 et 1999 d’annulation de la quasi-totalité de la dette n’aient pas été tenues n’est pas de bon augure…

Emprunt ou taxe mondiale
De nombreux pays ont certes annoncé un futur accroissement de leur aide : la France et le Royaume-Uni ont promis d’y consacrer 0,7 % de leur produit intérieur brut (PIB) respectivement d’ici à 2012 et 2013, et l’Union européenne, l’Allemagne et l’Italie d’ici à 2015. Mais on sait qu’en ce domaine, les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. D’où la volonté britannique de faire évoluer les pays riches en faveur de mécanismes permettant d’assurer un financement pérenne de l’aide publique internationale. Ils n’ont rien obtenu en juin, mais la discussion va se poursuivre lors de la rencontre des chefs d’Etat du G8 à Gleneagles en Ecosse, du 6 au 8 juillet, et lors du grand débat sur le financement des Objectifs du millénaire qui se tiendra à l’ONU en septembre.
Gordon Brown, le ministre des Finances britannique, défend depuis 2003 le projet d’une International Financial Facility (IFF), un emprunt de l’ordre de 50 milliards de dollars par an sur une dizaine d’années, dont l’argent serait immédiatement utilisé pour financer des projets au Sud. La France, le Brésil et le Chili, soutenus par plus de 100 pays, défendent plutôt la nécessité de créer des taxes mondiales. Le G8 de juin a décidé de maintenir les deux fers au feu : l’IFF, avec l’étude d’un projet pilote consacré à l’immunisation contre le sida, et les taxes mondiales, avec l’étude, poussée par l’Allemagne et la France, d’une taxe sur les billets d’avion dont le principe a été acté sur une base volontaire au sein de l’Union européenne.
Faut-il privilégier l’une des deux pistes ? Il faut d’abord souligner que l’une comme l’autre peuvent être mises en œuvre sans l’accord des Etats-Unis. L’emprunt que pourraient effectuer les pays riches ou les recettes des taxes instaurées seraient supérieurs avec la participation américaine, mais rien n’empêche le reste du monde d’avancer sans eux. L’argent ainsi obtenu serait déjà conséquent. Au-delà, le projet d’IFF présente plusieurs très gros désavantages.

Cible manquée
Contrairement à ce que laissent entendre les Britanniques, l’IFF n’apporte pas de ressources supplémentaires à l’aide au développement. L’emprunt permet de distribuer plus d’aide aujourd’hui en utilisant la capacité des pays riches à emprunter sur les marchés financiers internationaux pour financer des projets de développement. Une source de financement à laquelle les pays pauvres n’ont pas accès. Mais l’emprunt a pour conséquence de diminuer l’aide de demain, puisque les futurs budgets serviront essentiellement à le rembourser. Le bilan a même toutes les chances d’être négatif puisqu’en plus du prêt, il faudra payer des intérêts. Et comme les pays emprunteraient pour financer non pas leurs dépenses mais des projets, au Sud, à la rentabilité incertaine, le taux d’intérêt demandé par les marchés financiers serait sûrement plus élevé que pour les emprunts d’Etat habituels.
D’après les calculs de Todd Moss, du Center for Global Development, un emprunt de 500 milliards de dollars sur dix ans, remboursable sur trente ans, comme le suggère l’IFF, coûterait 220 milliards de dollars d’intérêt aux taux actuels plus, au minimum, 25 milliards de dollars de coût supplémentaire. Le projet de taxes mondiales évite tous ces désagréments : il représente une mobilisation de véritables ressources nouvelles, qui plus est acquises à un coût faible, celui nécessaire à la collecte et à la distribution des recettes.
Enfin, le projet d’IFF est uniquement axé sur l’idée d’un accroissement de l’aide au développement. Il repose sur la croyance que plus d’aide se transforme forcément en plus de croissance et donc plus de projets sociaux au Sud. Ce n’est malheureusement pas si simple : l’aide peut être mal utilisée ou son utilisation rendue impossible du fait des faibles capacités de gestion administrative des pays receveurs (5). L’important n’est pas tant d’augmenter les flux d’aide que d’assurer des flux réguliers sur le long terme à même de soutenir le développement des pays dans la durée. Le projet de taxe mondiale est de ce point de vue plus adéquat. Il a également l’avantage d’être plus souple : si les pays à même de bien utiliser l’aide ne peuvent en gérer plus, ses recettes pourraient être utilisées pour financer des projets d’amélioration de l’environnement, pour créer un fonds d’aide aux pays victimes de la spéculation financière, etc. Bref, la palette des biens publics mondiaux finançables est bien plus large.
Les politiques d’aide publique au développement sont aujourd’hui à un tournant. Tous les experts reconnaissent que les recettes appliquées au cours des vingt-cinq dernières années ont largement échoué. Même la Banque mondiale ose publier un rapport de critiques à faire pâlir de naïveté les analyses des ONG contestataires (6). Ce mea-culpa des pays riches et des institutions internationales contribue indéniablement à vouloir solder les erreurs du passé et permet des accords comme celui qui vient d’être obtenu sur la dette. Il ne va pas jusqu’à arrêter de défendre une large ouverture des marchés, qui contribue souvent à ruiner les producteurs du Sud. Reste donc maintenant le plus difficile : rebâtir les principes de l’aide, sans répéter les mêmes erreurs.

Christian Chavagneux


(1) Bénin, Bolivie, Burkina Faso, Ethiopie, Ghana, Guyana, Honduras, Madagascar, Mali, Mauritanie, Mozambique, Nicaragua, Niger, Rwanda, Sénégal, Tanzanie, Ouganda et Zambie.
(2) Les Etats-Unis se sont opposés à ce qu’il puisse vendre une partie de son stock d’or à cet effet. Le FMI utilisera donc le reliquat des fonds obtenus lors des dernières ventes d’or réalisées en 1999.
(3) Dette bilatérale : dette due aux autres pays.
(4) Dette multilatérale : dette due aux institutions internationales comme le FMI, la Banque mondiale...
(5) Pour une démonstration plus complète, voir notre dossier dans Alternatives Economiques n° 237, juin 2005.
(6) The Growth Experience. Lessons from the 1990s, avril 2005, accessible sur www.worldbank.org

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